Dans un coin de violettes

Publié le par Cristie Cyane

Dans un coin de violettes

 DANS  UN  COIN  DE  VIOLETTES

                                                                                                        1910    recueil 10


Sous  la  Protection  des  Violettes


Je place sous la protection des violettes
Mes adorations très humblement muettes…
    O vous les violettes !

Vous qui savez, par la puissance du parfum,
Evoquer telle voix, et tel long regard brun…
    Puissance du parfum !

Exaucez le grand cri de celle qui vous aime
Et sachez parfumer ma vie et mon poème
    Sachant que je vous aime.

Je suis lasse des lys, je suis lasse des roses,
De leur haute splendeur, de leurs fraîcheurs écloses,
De toute la beauté de grands lys et des roses.

Votre odeur s’exaspère en l’ombre et dans le soir,
Violettes, ô fleurs douces au désespoir,
    Violettes du soir !

 


Amour

Mirage de la mer sous la lune, ô l’Amour !
Toi qui déçois, toi qui parais pour disparaître
Et pour mentir et pour mourir et pour renaître,
Toi qui crains le regard juste et sage du jour !

Toi qu’on nourrit de songe et de mélancolie,
Inexplicable autant que le souffle du vent
Et toujours inégal, injuste trop souvent, 
Je te crains à l’égal de ta sœur la folie !

Je te crains, je te hais et pourtant tu m’attires
Puisque aussi le fatal est proche du divin.
Voici qu’il m’est donnée de te connaître enfin,
Et je mourrais pour l’un de tes moindres sourires !

 

Inspiration

L’esprit souffle… Et le vent emporte les paroles
Qui vacillent ainsi que les musiques folles.

Inexplicable autant que l’amour et la foi,
O l’Inspiration ! reviens bientôt vers moi !

Reviens comme le vent qui chante et se lamente,
Reviens comme une haleine implacable ou démente !

Reviens comme le vent qui m’inspira l’amour,
Et je t’accueillerai, dans l’instant du retour,

Avec l’emportement et l’angoisse démente
Qu’inspire le retour d’une infidèle amante !

 


Les  Sept  Lys  de  Marie


Le Sept Lys ont fleuri devant l’antique porche.
Chacun d’entre eux est plus long et plus droit qu’une torche,
Leurs pistils sont pareils à des flammes de torche.

Les Sept Lys ont fleuri miraculeusement
Dans le silence auguste et dans l’ombre, au moment
Où s’élève le Christ, miraculeusement…

Sous l’imposition des mains saintes du prêtre
Dans l’ombre et dans l’encens on les vit apparaître…
Le peuple vit alors sourire le vieux prêtre…

Et tous les contemplaient avec des yeux d’amour.
Le prêtre dit, portant ses regards à l’entour :
« Mes frères, contemplons les fleurs du Saint-Amour ! »

Leur parfum s’exhalait vers la Divine Image.
Tous ont compris le sens du glorieux Message
Sur l’autel où Marie écoute le Message

Et les Lys répandaient une paix autour d’eux
Et l’Hostie avait moins de rayonnement qu’eux,
La transparente Hostie était moins blanche qu’eux…

Apparaissez encore, ô Sept Lys de Marie,
Au moment où la foule à genoux pleure et prie !
Apparaissez encore en l’honneur de Marie !

 


Mon  Paradis

Mon Paradis est un doux pré de violettes
Où le chant régnera sur des âmes muettes.
Mon ciel est un beau chant parmi les violettes.

Mon Ciel est la très calme éternité du soir
Où le regard se fait plus profond pour mieux voir
Et c’est l’Eternité dans le ciel d’un beau soir…

Mon Paradis est une éternelle musique.
Qui s’exhale divine allégresse rythmique…
Mon Paradis est le règne de la musique…

Car ce sera, là-haut, le triomphe du chant,
Le règne de la paix dans le Ciel du couchant,
Où rien ne survit plus que l’amour et le chant.

 


Ressouvenir

O passé des chants doux ! ô l’autrefois des fleurs !…
Je chante ici le chant des anciennes douleurs.

Je le chante, sans pleurs et sans haine à voix basse,
Comme on se bercerait d’une musique lasse…

Profond, irrépressible, autant que le soupir,
S’échappe de mon cœur le mauvais souvenir…

Je vois s’abandonner mon âme lente et lasse
Au charme des bruits doux, de la lumière basse.

Que vont envelopper les anciennes douleurs ?…
O l’autrefois des chants ! ô le passé des fleurs !

 

 

Invocation  à  la  Lune


O Lune chasseresse aux flèches très légères,
Viens détruire d’un trait mes amours mensongères !
Viens détruire les faux baisers, les faux espoirs,
Toi dont les traits ont su percer les troupeaux noirs !

Toi qui fus autrefois l’Amie et la Maîtresse,
Incline-toi vers moi, dans ma grande détresse !…
Dis-moi que nul regard n’est divinement beau
Pour qui sait contempler le grand regard de l’eau.

O Lune, toi qui  sais disperser les mensonges,
Eloigne le troupeau serré des mauvais songes !
Et, daignant aiguiser l’arc d’argent bleu qui luit,
Accorde-moi l’espoir d’un rayon dans la nuit !

O Lune, toi qui sait rendre l’âme à soi-même
Dans sa vérité froide, indifférente et blême !
O toi, victorieuse adversaire du jour,
Accorde-moi le don d’échapper à l’amour !

 


La  Promesse  des  Fées


Le vent du soir portait des chansons par bouffées,
Et, par lui, je reçus la promesse des Fées…

Avec des mots très doux, les elfes m’ont promis
D’être immanquablement mes fidèles amis.

Mais n’attachez jamais votre âme à leurs paroles,
Un Elfe est tôt enfui, souffle vif d’ailes folles !..

Leur vol tourbillonnait, vague comme un parfum.
Cependant tous semblaient obéir à quelqu’un.

La première portait sur son front découvert
Une couronne d’or… Son manteau semblait vert.

Et la couronne d’or, brûlant comme la flamme,
Rayonnait au-dessus d’un visage de femme.

Malgré l’étonnement d’un cœur audacieux,
Je ne pus endurer la splendeur de ses yeux…

Car j’entendais un bruit d’étreintes étouffées…
Aussi j’ai voulu fuir l’amour fatal des Fées…

Mais, devant ce bonheur mêlé d’un si grand mal,
Ne regrettais-je pas un peu l’amour fatal !

 


Présence


Ta présence me donne une heure de jeunesse,
Il me semble que mon mal se ralentit, puis cesse,
Car c’est toi mon bonheur et c’est toi ma jeunesse !

O parfum de ta robe ! O fraîcheur de ton front !
Jamais les cruels temps futurs n’obscurciront
Cette douce clarté de tes yeux, de ton front !

Tu m’apportes ta voix, ta présence et ton rire,
Et je t’attends, je te contemple, et je t’admire.
En moi rayonne encor la splendeur de ton rire !

Sous le rayonnement solaire de tes yeux,
O jeune et belle autant que le furent les dieux !
Il me semble oublier mon cœur qui se fait vieux !

 

 

Résurrection


Et je t’aime ! Et voici que s’épand dans mes moelles
Miraculeusement la clarté des étoiles,
Belle que je choisis pour Reine des étoiles !

Me voici revenue à la vie, à l’amour
Qui  transfigure en or les choses d’alentour,
Au charme du poème, au rire de l’amour.

Tantôt je m’enfonçais dans l’horreur des ténèbres
Et je portais en moi des visions funèbres
Ah ! l’horreur, ah ! l’horreur tenace des ténèbres !

Mais voici le matin… Nous voici toutes deux
Vivantes… C’en est fait de mes songes hideux.
Comme par le passé, Chère, nous sommes deux.

O bonheur de me voir revenue à la vie ! 
Car l’aurore s’est faite en mon âme ravie ;
Miraculeusement, je vois rire la vie !…

Voici que l’univers me donne moins d’effroi,
Très chère, puisque enfin me voici près de toi,
Et je n’ai plus d’angoisse et je n’ai plus d’effroi !

 

 

Oiseaux  dans  la  Nuit


Cette nuit, des oiseaux ont chanté dans mon cœur..
C’était la bonne fin de l’ancienne rancœur…
J’écoutais ces oiseaux qui chantaient dans mon cœur.

Dans ma grande douleur, la nuit me fut clémente
Et tendre autant que peur se montrer une amante.
Ce fut la rare nuit qui se montra clémente.

Dans ton ombre, j’ouïs le chant de ses oiseaux
Et je dormis enfin… Mes songes furent beaux
Pour avoir entendu le chant de ces oiseaux…

 

 

Notre  Heure


Ecoute le doux bruit de cette heure que j’aime
Et qui passe et qui fuit et meurt en un poème !

Ecoute ce doux bruit tranquille et passager
Des ailes de l’Instant qui d’envole, léger !

Je crois que ma douleur n’est que celle d’un autre…
Et cette heure est à nous comme une chose nôtre…

Car cette heure ne peut être à d’autres qu’à nous,
Avec son doux parfum et son glissement doux…

Elle est pareille à la chanson basse qui leurre
Et qui vient de la mer… Ah ! retenir notre heure !

O triste enchantement de se dire : Jamais
Je ne retrouverai cette heure que j’aimais !

 

 

Etonnement


Mes yeux sont éblouis du jour que je revois !
L’ayant cru défier pour la dernière fois.

Mes yeux sont étonnés de revoir cette aurore,
Ainsi, moi qui souffris autant, je vis encore !

Je vis encor, je souffre et peux encor souffrir…
Sans exhaler mon cœur dans un dernier soupir !

Mais comment puis-je ainsi voir la lumière en face,
Moi dont le cœur est lourd et dont l’âme est si lasse ?

O mon destin mauvais… Je suis devant l’amour
Un adversaire nu… Voici venir le jour !…

Moi donc l’être est plus las que le dernier automne
Qui se meurt sur les lacs, je vis… Et je m’étonne !

 

 

La  Lune  consolatrice


Et voici que mon cœur s’épanouit et rit…
Moi qui longtemps souffris, me voici consolée
Par ce noir violet d’une nuit étoilée,
Moi qui ne savais point que la lune guérit !

Moi qui ne savais point que la lune console
De tout le chagrin lourd, de toute la rancœur !
Sa consolation illumine le cœur
D’un rayon éloquent autant qu’une parole.

Et d’un rayon furtif comme un furtif bienfait
Elle se glisse au fond torturé de mon âme,
Elle se glisse avec une douceur de femme.
Et c’est insinuant comme un obscur bienfait.

Comme un obscur bienfait s’insinue, elle glisse…
Tout le ciel émergeant de l’ombre est radieux.
Eternellement chère à mon cœur, à mes yeux,
Sois louée à jamais, Lune consolatrice !

 

 

Absence


O Femme au cœur de qui mon triste cœur a cru,
Je te convoite, ainsi qu’un trésor disparu.

Je te maudis, mais en t’aimant… Mon cœur bizarre
Te cherche, Emeraude admirablement rare !

Que je suis exilée ! Et que pèse le temps,
Malgré le beau soleil des midis éclatants !

Retombant chaque soir dans un amer silence,
Je pleure sur le plus grand des maux : sur l’absence !…

 

 

A  l’Ennemie  aimée


Ses mains ont saccagé mes trésors les plus rares,
Et mon cœur est captif entre tes mains barbares.

Tu secouas au vent du nord tes longs cheveux
Et j’ai dit aussitôt : Je veux ce que tu veux.

Mais je te hais pourtant d’être ainsi ton domaine,
Ta serve… Mais je sens que ma révolte est vaine.

Je te hais cependant d’avoir subi tes lois,
D’avoir senti mon cœur près de ton cœur sournois…

Et parfois je regrette, en cette splendeur rare
Qu’est pour moi ton amour, la liberté barbare…

 

 

Essentielle

Ainsi, l’on se contemple avec des yeux sacrés
Devant l’autel des mers et sur l’autel des prés…

Toi dont la chevelure en plis d’or illumine,
Tu m’as fait partager ton essence divine…

Et tu m’as emportée au fond même du ciel,
O toi que l’on adore, ô l’Etre Essentiel !

Tes yeux ont le regard que n’ont point d’autres femmes…
Et ce fut, pour nous, comme une rencontre d’âmes.

Mon cœur nouveau renaît de mon cœur d’autrefois…
Que dire de tes yeux ? Que dire de ta voix ?

O ma splendeur parfaite, ô ma Toute Adorée !
La mer était en nous, unie à l’empyrée !

 

 

Terreur  du  mensonge


Oui, j’endure aujourd’hui le pire des tourments,
Tu m’as menti… Tu m’as trompé… Et tu me mens !…

Mensonge caressant qui glisse de ta bouche !
O serment que l’on croit, ô parole qui touche !

O multiples douleurs qui s’abattent sur vous
Ainsi qu’un petit vent pluvieusement doux !…

Comme un lilas ne peut devenir asphodèle,
Jamais tu ne seras ni franche ni fidèle.

Tu seras celle-là qui se dérobe et fuit
Plus sinueusement qu’un démon dans la nuit.

O toi que j’aime encor ! L’horreur de ton mensonge
Est dans mon cœur amer… Il me mord, il me ronge…

Je suis lasse d’avoir suivi les noirs chemins…
Col frêle qu’on voudrait prendre entre ses deux mains !

 


Sanctuaire  d’Asie


J’abriterai dans mon sanctuaire d’Asie
Mon éternel besoin d’ombre et de poésie.

Là-bas, guettant les mille et trois Dieux aux pieds d’or,
Des prêtres, jour et nuit, veillent sur leur trésor.

Oui, désespérément, je fixe mon exode
Vers ce refuge énorme et sombre de pagode,

Où, dressant vers le ciel les lotus léthéens,
Les étangs dorment leurs sommeils paludéens.

 

 

L’Aile  brisée

Elles est venue avec ses cheveux et sa robe,
Sa robe de beau pourpre et ses beaux cheveux d’or !

Et mon âme aussitôt a pris un prompt essor
Dans l’ivresse du cher instant que l’on dérobe !..

Mon cœur lourd est léger comme une bulle d’or,
Puisque je la revois près de moi revenue !

Et comme en un miracle, apparue, advenue,
Une aile de chimère a repris son essor !

Mains  sur  un  Front  de  Malade

C’est l’imposition fraîche et lente des mains
Sur mon front que remplit l’horreur des lendemains,
O bénédiction suave de ses mains !

Les douces mains de femmes ont des gestes de prêtre
Et répandent en vous la paix et le bien-être,
La consolation que vient donner le prêtre !

Elles n’apprennent point le geste qui guérit,
Elles l’ont toujours su… Dans l’horreur de la nuit
Cette imposition très calme nous guérit…

Apaise mon grand mal, de tes mains secourables,
Tandis que l’heur glisse aux sabliers des sables,
Car le bienfait me vient de tes mains secourables !

Donne-moi ta fraîcheur et donne-moi ta paix !
Et calme le démon qui sur moi se repaît,
En signant sur mon front le geste de la paix !

 


Pour  mon  Cœur


Mystérieux, amer et terrible, ô mon cœur,
Eloigne enfin de toi la haine et la rancœur !

Sache combien est grand ce bienfait qu’on te donne
De pouvoir pardonner, ô mon cœur ! et pardonne !

Ne garde plus l’amer souvenir des joies dues !
Et qu’il soit comme un mot effacé sur les nues !

Sois léger et sous doux comme l’ombre d’une aile,
O mauvais cœur, tenace et méchant et fidèle !

O mon cœur ! exhalant, dans un vaste soupir,
Le pardon retenu, sache enfin t’attendrir !…

 


Pour  le  Lys


O Toi, Femme que j’aime ! O Lys irréprochable !
Très chère qu’on ne peut approcher qu’à genoux,
Lève sur moi tes yeux si doux et ton front doux !
Et que le repas soit comme la Sainte Table.

Réveille, avec ta voix, mes rêves somnolents.
Voyant mon front fiévreux, accablé par les rêves,
Toute droite, dans la pourpre et l’or tu te lèves,
Toujours silencieuse, ave tes gestes lents.

O l’Image divine ! O la Femme que j’aime !
Qui fais que je m’éveille avec la face au jour
Et qui, par le pouvoir immense de l’amour,
As fait que le matin m’est apparu moins blême.
O puissance ! ô beauté de la Femme que j’aime !


Emerveillement


Avec l’étonnement de mes regards, je vis
Le chœur des beaux rayons de lune aux tons bleuis.

Et mes regards étaient stupéfaits et ravis…
Avec mes yeux ouverts grandement je les vis.

C’est pourquoi maintes fois, au hasard d’une veille,
Ouvert sur l’infini, mon regard s’émerveille.

 


Amour, toi le Larron…


Amour, toi, le larron éternel, qui dérobes
Les lourds trésors des cœurs et le secret des robes !

Tu te glisses et te dissimules la nuit,
Et ton pas est le pas du traître qui s’enfuit…

Ton pas est plus léger que le doux pas du Songe !
Et l’on n’entend jamais ce bruit sournois qui ronge.

N’as-tu point d’amitié ? N’as-tu point de raison ?
Voici que s’insinue en mon cœur ton poison.

Epargne-moi ! Vois mon visage et mon front blême…
Mon ennemi l’Amour, je te hais et je t’aime.

 


Amour  méprisable

L’Amour dont je subis l’abominable loi
M’attire vers ce que je crains le plus, vers Toi !

Tu fus et tu seras l’Inconnue ennemie…
Je t’adore en pleurant, ô si mauvaise amie !

Car voici la raison de mon tourment infâme :
Je ne surprendrai pas le regard de ton âme.

C’est pourquoi je te hais, c’est pourquoi je te crains…
J’appelle un autre amour, d’autres yeux, d’autres mains,

Et surtout, pour calmer la plainte qui s’élève
Du fond de mon cœur las, un rêve, un divin rêve !

 


Veillée  heureuse

J’épie, avec amour, ton sommeil dans la nuit :
Ton front a revêtu la majesté de l’ombre,
Tout sont enchantement et son prestige sombre…
Et l’heure, comme une eau nocturne, coule et fuit !

Tu dors auprès de moi, comme un enfant… J’écoute
Ton souffle doux et faible et presque musical
S’élevant, s’abaissant, selon un rythme égal…
Ton âme, loin de moi, suit une longue route…

Tes yeux lassés sont clos, ô visage parfait !
Te contemplant ainsi, j’écoute, ô mon amante !
Comme un chant très lointain ton haleine dormante,
Je l’entends, et mon cœur est doux et satisfait.


 

Prière  aux  Violettes


Sous la protection humble des violettes
Je remets les soupirs et les douleurs muettes
Qui viennent m’assiéger ce soir… Ce trop beau soir !…

Dans cet effondrement du final désespoir
Leur parfum est semblable aux prières des Saintes…
O fleur entre les fleurs ! O violettes saintes !

Lorsque enfin, en un temps, s’arrêtera mon cœur
Las de larmes, et tout enivré de rancœur,
Qu’une pieuse main les pose sur mon cœur !

Vous me ferez alors oublier, Violettes !
Le long mal qui sévit dans le cœur des poètes…
Je dormirai dans la douceur des violettes !

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